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  • : Le blog de Loch Vaa
  • : bd écriture illustration fantastique fantasy Culture
  • : Bonjour, Je recherche un illustrateur, un dessinateur ou un vidéaste. Je gribouille des scénarios, avec des thèmes récurrents : la nature, les dragons, les rêves, l’enfance, les contes de Noël, les thèmes fantastiques (tout y passe), les couleurs, les jeux de mots. Si vous êtes doué pour les storyboards, le dessin ou les illustrations, que vous avez un peu de temps et que l’aventure vous tente…
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Jeudi 20 mars 2008
René Goscinny et ses facéties disparaissaient il y a 30 ans.
Le Hors-Série du magazine Lire lui a rendu hommage avec des entretiens et des inédits. Parmi ces dernières trouvailles offertes aux lecteurs, une grille de mots croisés. J'ai repris l'esprit de sa grille pour inventer de nouvelles définitions.
 

HORIZONTALEMENT

I. Théâtre japonais.

Portail de Notre-Dame.

Pic d’iconolâtrie.

III. Ennemi de 007.

V. Début de noces.

Commun à dénominateur.

VII. Elément de phénoménologie.

Constitutif de noyaux.

VIII. Membre de nomenklatura.

IX. Se distingue dans pénombre.

X. Triple vexation d’un Ibère.

 

VERTICALEMENT

1. Refus en anglais.

2. 2e étage de manoir.

3. Enclave de Phnom Penh.

4. Ami d’Ulysse.

6. Marque un désaccord en italien.

7. Allumé des circuits.

Commence tous les noms.

10. Indéfini.

Au seuil de novembre.

 

 

1.GIF  

 

Par Loch Vaa - Publié dans : Des mots, des jeux et des jeux de mots
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Jeudi 20 mars 2008

Journée d’une vie

 

 

Tirés les rideaux verts, je me lève. Je frisonne, repris par mes rêves ; là, contre le point du jour, devant moi, des silhouettes drapées de jute, s’avancent dans la brume, avec leur bâton de pèlerin. Immobiles, derrière la pelouse, le brouillard du matin enveloppe les haricots en perche de vos terres.

 

La porte n’est jamais fermée à clef, mais je frappe toujours. La pièce sent le café fort. Il laisse des marques rondes sur la toile cirée de la table. L’hiver, le poêle ronfle doucement. Les braises ternissent la vitre. Je pose mon sac d’école avant le passage du car scolaire, des bus sable barrés de vert, les autobus artésiens, avant d’être enfermé dans une école d’où seul le regard peut sortir par les grandes fenêtres vitrées. Je joue dans la cour avec les lapins en cage en leur donnant à manger de l’herbe des fétus de paille, qu’ils refuseront jour après jour. La porte des toilettes est ajourée d’un cœur. Les mamans de P. et G. sont déjà dans le garage de P., parti aux champs. Le gros lapin blanc aux yeux rouges attendra demain.

 


 

P. se relève, coiffé de son béret de feutre marine. Sur le bord du champ, les mains sur les hanches, tu regardes ta terre et le travail d’un jour. Parfois, c’est les poings appuyés sur l’extrémité ronde d’un manche de fourche que tu restes là quelques minutes. Moi aussi depuis.

 

Dans le vaisselier, tu prends des verres pour l’apéritif. Après c’est la soupe, il y a des haricots blancs aujourd’hui. Sortis d’un récipient dont l’émail blanc est ébréché sur le pourtour. Vous les avez tous triés. Le samedi, le café fume, les chaises avancées près de la table.

 

On déplie l’actualité de l’Artois. On parle de l’épopée du tracteur qui est revenu de la Somme par les routes départementales à vingt à l’heure. L’abbé M. n’est plus, mais la chorale est fidèle à son chef. Tu évoques les bombes qui tombaient à B. un printemps de ta jeunesse. Ou une dépouille de soldat trouvé en curant les fossés de la Neuve Voie. P. détaille l’œuvre des tailleurs de pierre de la cathédrale de S. Certains poussins se pressaient tellement autour de l’abreuvoir circulaire en fer blanc qu’ils s’étouffaient, dis-tu. La tornade a fait passer devant vos yeux ébahis un volet, des voliges. Le docteur a changé de voiture.

 


 

Au creux de ma poche, mon poing se referme sur une pièce de 10 francs cuivrée. Elle fait mon orgueil. Savoir ce que la terre peut donner et l’effort qu’elle demande.

 

Il faut mettre les haricots en perche. Une tarière et un peu d’eau pour faire tenir la perche. Tarauder. Ensuite faire tenir un croisillon de bois à la base de la perche prête à accueillir les pousses de haricots. Mon vélo sur le plateau du tracteur. Tu renoues ton fichu, M. Je sens le vent sur mes joues, le tracteur démarre d’un brusque élan. Je dévale les ballots du hangar. Deux solides rivets installés sur ma 103 SP. Deux blocs de paille feront un abri. Arnacher. P. nous sert un panaché, de la Sernia Bock et de la limonade Moco, tirées de la fraîcheur de la cave. Avec beaucoup de limonade pour moi. Les chicons accaparent les courtes journées d’hiver. Tous les deux agenouillés, vêtus de trois quarts noirs, œuvrant.

 

 

P. fait répéter la chorale à V-C pour la messe de minuit. Le dimanche, je donne la paix du Christ à M. Vous venez à la maison pour le réveillon. Je vous fais voir mes jeux, mes dessins et mes tours de magie que Ma. m’apprend. Le premier janvier, je me régale de soupe au tapioca, de poulet à la béchamel, présenté avec des crêtes de pâte feuilletée. Une couverture brune me tient de cabane, maintenue à la toile cirée de la table par des épingles à linge. J’ingère la colle à maquette de Ch. La bûche repose au frais dans la cave. Des mandarines. Ma. joue du mélodica. On déplie une serviette de coton propre pour les joueurs de carte. Une truie m’effraie de ses petits yeux bleus. Les années commencent chez vous.

 

 

e voulais écrire ce merci depuis longtemps. Peut-être parce que je suis loin, trop loin de vous, de votre quotidien.

 

Qu’importe la trace de vos rêves d’institutrice et de contremaître, à moi, vous m’avez appris ce que je ne pourrai jamais retrouver.

 

Un jour peut-être, et grâce à votre exemple, ma vie sera faite de simplicité avec la promesse d’une humilité pareille à la vôtre, alors peut-être, je serai plus sage. Aujourd’hui, je rassemble mes souvenirs, je les serre au creux de ma mémoire. Ils sont ma richesse. Ils sont mon orgueil. Ma vie.

 

 

Par Loch Vaa - Publié dans : Adolenfance
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Jeudi 20 mars 2008

Obituaire :

C’était à Dublin dans les faubourgs, au nord de la Liffey, qu'elles prirent vie et forme à mes pieds. Octobre 1997. Brunes, comme ses jumelles que j'avais éreintées en Egypte. Huit trous. Lacées de rouge pour plus de coquetterie, comme le rouge à lèvres sur les vieilles dames.

Dans le feu et les flaques, sous les coups des ballons et des trottoirs, elles m'ont suivi où j'allais. Fidèles comme au premier jour, tous les matins, je les retrouvais au pied de mon lit - lorsque mon lit avait des pieds. Bien sûr, avec l'âge, leur silhouette s'était tassée, la peau avait souffert des excès du temps, mais racornies, vaille que vaille, dans la brume des montagnes galloises, la bruyère celte, coincées sous les banquettes de train, elles me protégeaient.

Elles ne se mêlaient de rien parce qu'elles en avaient rien à cirer. D'un caractère noué, elles préféraient la compagnie des œillets...

Aujourd'hui sont mortes mes docs.

Verdict prononcé cliniquement par le cordonnier, qui, après avoir un temps considéré, l'application d'une lame de couteau chauffée à blanc pour cautériser la plaie béante de la semelle, a préféré signer leur acte de mort.

Ce soir, je suis triste, ça me fait grolle.

Elles avaient encore les couleurs de l'aventure.

Pas les prochaines.

Par Loch Vaa - Publié dans : Nomade du septentrion
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